Thursday, 22 February, 2018
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Kaspersky propose à son tour une version gratuite de son antivirus

Le jour de son 25e anniversaire, Kaspersky a annoncé une version gratuite de son logiciel antivirus éponyme, associé à un VPN. Plus limitée que la version premium, Kaspersky Free offre néanmoins de bonnes fonctions de base. Mais c’est aussi un bon coup de pub pour le fournisseur sur lequel planent des soupçons de collusion avec le FSB russe.

Kaspersky Free vient concurrencer les produits d’Avira et de BitDefender qui proposent depuis longtemps des antivirus basiques mais gratuits. (Crédit : S.L.)

Jusqu’à présent, Kaspersky a toujours fait payer son produit antivirus au prix fort. Depuis des années, sa solution obtient les meilleurs résultats dans les tests indépendants, au point que, en 2016, AV-Comparatives a même créé une nouvelle catégorie « Outstanding Products » de produits exceptionnels, dans laquelle trônent deux outsiders, Kaspersky et Bitdefender. Mais, depuis mardi dernier, l’entreprise de sécurité russe a annoncé une version gratuite de sa solution, Kaspersky Free, qui permet à tout un chacun de déployer une arme antivirus de premier ordre sans débourser un centime.

Certes, Kaspersky Free n’est pas aussi complet que la version intégrale, puisque le logiciel antivirus protège seulement les fichiers, les courriels et le Web, et offre quelques fonctions utiles comme les mises à jour automatiques et la mise en quarantaine des fichiers suspects. « Bref, des fonctions indispensables dont devrait disposer tout individu sur la planète », a déclaré le CEO Eugene Kaspersky. Un VPN Secure Connection est également installé mais il est limité à 300 Mo de données sans abonnement (compter 30$ par an pour 5 terminaux avec data illimitées).

Livré avec Kaspersky Free, Secure Connection est un VPN qui ne dit pas son nom . (Crédit : S.L.)

C’est un peu comme l’outil de sécurité Windows Defender de Windows 10, sauf que Kaspersky Free utilise la technologie très pointue de l’éditeur russe. « De plus, la rationalisation des fonctions permet à Kaspersky Free d’avoir une plus petite empreinte que les versions payantes », fait remarquer le CEO. « N’empêche : la portée de la version gratuite va améliorer la protection de tous », affirme encore Eugene Kaspersky, notamment parce que les moteurs d’apprentissage machine du fournisseur recevront encore plus de données d’analyse. Comparée à la version gratuite, la suite premium Kaspersky Total Security offre également des contrôles parentaux, une protection pour le paiement en ligne et un accès VPN.

Enfin, le CEO affirme que ce n’est pas parce que l’antivirus de base de Kaspersky est gratuit qu’il adopte des pratiques contraires à l’intérêt des utilisateurs. « Pour autant en effet, Kaspersky Free n’en profite pas pour pister les habitudes de navigation de l’utilisateur ni enfreindre sa confidentialité pour desservir des publicités ciblées, un mal dont souffre habituellement le secteur des antivirus gratuits utilisés par les éditeurs pour se rémunérer financièrement », a-t-il écrit.

Disponible en France mais en langue anglaise

Kaspersky Free a été déployé hier aux États-Unis, au Canada et dans « plusieurs pays d’Asie-Pacifique » le 25 juillet, pour marquer le 25e anniversaire de Kaspersky, et ce déploiement suivra au cours des prochains mois dans le reste du monde. Au moment de rédiger son article, notre confrère avait remarqué que le lien Kaspersky Free redirigeait vers la page d’accueil du site de Kaspersky USA, mais il est désormais bel et bien actif et la page de téléchargement permet de choisir entre la suite premium payante, ou la version gratuite installable sur un Windows 10 en langue française. Une liste rappelle les options de chacune des versions.

 Les paramètres de Kaspersky Free permettent d’activer ou pas certaines fonctionnalités. (Crédit : Kaspersky)

Alors, pourquoi cette version gratuite et conviviale ? Même si l’offre peut être intéressante, elle permet surtout à l’entreprise de sécurité de faire un gros coup de communication au moment où l’entreprise connaît certaines difficultés. Dans un récent rapport, Bloomberg affirme que Kaspersky « a entretenu avec le FSB, l’agence de renseignement russe, des liens beaucoup plus étroits qu’elle ne l’a reconnu publiquement ». Et le démenti formel de Kaspersky n’a pas empêché l’administration Trump de décider de rayer l’entreprise de la liste des fournisseurs agréés par le gouvernement. Lors de l’annonce de Kaspersky Free, Eugene Kaspersky a abordé la question très directement : « Notre solution assure la même protection à tous sans compromis : elle détecte les menaces quelle que soit leur origine ou leur intention, même si cela ne plait pas à tout le monde ».

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